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Météo : assombrie

F A I T S P O É S I E

« Certains se font de la poésie une idée si vague qu'ils prennent ce vague pour l'idée même de la poésie » , Paul Valéry

Bulletin n°9
mardi 11 août 2026
Économie et Finance

107 milliards € de déficit

Déficit géant pour l’Etat français en six mois

Dans les limbes surpeuplés du redressement des comptes publics, toute dégradation est une bénédiction. La félicité naturelle des enfants morts sans baptême est parodiée de manière obscène par ce genre de bilans clôturés sans équilibre. Rien n'apaise les blessures terrestres comptables. L'insensé calcul totem du Produit Intérieur Brut produit une sauce épaisse et grasse qui creuse les trous et les rebouche, puis les creuse à nouveau par décrets, générant de la valeur ajoutée de pure contrebande, de la friandise pour Capital. C'est l'éternel retour mais sans aucun caractère d'exaltation parce qu'ici, on ne trouvera aucune source intarissable à laquelle Nietzsche aurait pu nous inviter à boire, gaiement. Non, ce retour là est un fléau que le chiffre déclenche de son souffle démontrable, un mascaret d'égout à chaque boucle que son raisonnement performe, une itération bornée par les ministres gardiens des lieux d'aisance, de toutes les officines privées conseillères et pharmaciennes. Le déficit est un guichet toujours ouvert au public. Il faut en prendre note et s'en accommoder car l'état et sa dette constituent la greffe d'une chimère fantastique dont le portrait-robot est encore à dessiner en partant de crayonné génial d'Homère qui, en personne, en a fixé la base une fois pour toutes : « Lion par-devant, serpent par-derrière, chèvre au milieu » Saisissant ! L'état tout craché ! Avec la molle armée de ses pantouflards intègres, ses élites tueuses à gages capables surtout de viser dans le tas, au hasard des foules. Qui a payé, paie et paiera pour toute cette armada ? La cueillette des cerises et son temps, je suppose. On remarquera à juste titre une confirmation : le serpent de Zarathoustra est seul représenté au sein de notre chimère étatique. L'aigle a échappé à l'Illiade et cela a de graves conséquences : aucune hauteur, aucun œil, aucune perspective. Seulement des fonctionnaires qui rampent, qui bêlent dans l'intimité de leurs alcôves et qui rugissent en castrats selon les lois supérieures de la communication.

107 milliards € de déficit
Santé

MARSEILLE

La consommation de crack fait des ravages, la Ville en appelle à l’Etat

MARSEILLE

La distribution de pipeaux s'épuise immédiatement. Comme « le râle épais d'un blessé qu'on oublie », l'alarme est presque muette. Cette fêlure est étiquetée bien clairement, annonçant la couleur : crack, « sous un grand tas de morts. » Aucune croisade ne s'organise pour faire face. Une fois les Baumettes remplies à ras bord, le reste doit gésir sur place, là, à Saint-Charles ou au Chapitre, dans le fossé de la cité grecque. Pourtant, il y a bien là une peste qui mériterait l'attention des dieux. On pourrait affréter des navires, rassembler des rois et des armures et partir à la reconquête de la rue sacrée. Mais non : tout le monde est démuni : tous les bien-logés, démunis face aux mal-logés démunis de pied en cap par définition sociale. Les munitions ont déserté l'armée de réserve dont les fantassins les plus fragiles crackent à même le trottoir. A minima, on multiplie les rondes de nuit mais, entre deux passages, ce trottoir, à nouveau, s'inondera lui-même de son propre gouffre. À cette profondeur, il est difficile de distinguer les visages, difficile de retenir des prénoms. Les lèvres qui fument n'articulent pas d'identité particulière, elles s'acceptent transparentes et finissent par trembler sans aucun reste de quoi que ce soit qui ressemblerait à un début de portrait. Le bathyscaphe remonte à la surface de son impuissance sans aucune prise. Ainsi, l'invisible trottoir continuera de rouler monotonement comme un tapis de gare et son anonyme verdict échappera encore à ceux qui en tombent.

International

VÉNÉZUÉLA

L’écrasante tutelle des États-Unis sur Caracas ne manque pas de soulever des questions.

Si l'économie noire fait de moins en moins d'efforts pour garder un semblant de discrétion, son vaisseau amiral continue de déployer tout le laisser aller possible pour faire grincer les charniers comme les charnières des strapontins rouillés sur lesquels nous sommes invités à nous asseoir. Le spectacle est plus cynique et convenu que Guignol. Si les auteurs n'avaient pas la bombe, nous pourrions en chercher d'autres, plus habiles avec les histoires, plus crédibles dans l'enchaînement des actions et moins convenus. La misère noyée dans le pétrole brut n'a pas surpris Caracas en plein sommeil. Les hélicoptères de la marque c.i.a. sont aussi bruyants que les autres et l'emploi de silencieux ralentit de manière trop significative les balles expéditives de la justice. La peine avait été prononcée il y a bien longtemps et c'est toujours la même. Des générations de matons se succèdent autour du même brief : le risque est trop grand de perdre la tutelle sur les insouciants. Alors il convient de les assommer. Au réveil, les peuples ont leur gueule de bois habituelle, des vomissements et quelques vagues souvenirs perdus dans la nuit américaine.

Géopolitique

La Mecque

L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan scellent une alliance de défense inédite

La Mecque

La fonderie internationale a ouvert ses cuves politiques surchauffées pour appliquer une recette où l'alchimie sunnite a su trouver une nouvelle détonation : l'armée otanienne turque, plus la bombe pakistanaise, plus les crédits saoudiens. Il a plusieurs 'en face' : l'Iran chiite, Israël et, dans sa chaise roulante, le vieux malade américain qui a de plus en plus du mal à tenir actif le schéma de sa protection mafieuse. Le temps est venu de passer à autre chose, de se nourrir autrement, de fréquenter d'autres cercles car l'occident perd ses dents et restera, sous peu, occis sur le lit épais de ses poubelles. La marmite n'en finit pas bouillir. Ça sent la cuisine chinoise, indienne, l'Afrique aussi. Tout ça dans la même auge et la même approximation. Ça va chauffer, ça chauffe déjà. La planète ne s'est jamais arrêté de monter en température. C'est un soleil éteint qui ne se souvient de rien et qui croît avoir encore une chance de briller dans un coin à part, dans un pli du temps galactique. Notre petite terre de feu fait feu de tout son bois disponible pour accélérer la marmite. On coupe tout ce qui traîne en forêt pour ne s'appuyer uniquement que sur les déserts. La Mecque ? Parfait, ça colle avec le plan. Belle pierre à l'édifice. La sauce religieuse va monter avec les eaux. Assez vite, un cheval au triple galop, cavaliers assoiffés... l'apocalypse « en avançant ».

Sports

Le Tour de France Femmes atteint une audience inédite sur France Télévisions

23 millions de téléspectateurs ont suivi au moins une minute du Tour féminin, qui s’est terminé dimanche par une victoire de la Néerlandaise Demi Vollering

Le Tour de France Femmes
atteint une audience inédite
sur France Télévisions
Où, diable, se pose le regard ? Nous cherchons les bons spots. Par bonheur, des opérateurs par milliers dédient l'entièreté de leur temps de travail à peaufiner la concentration de nos lunettes. Cette concentration nous suit sans hasard depuis la maternelle. Tout l'enjeu est de muter alchimiquement notre « attention » en « concentration ». Au bout, il y a le tatouage flamboyant d'un LCL sur une poitrine. J'OBEY au maître LCL présent, aimant, protecteur sur cette poitrine, la poitrine toute plate du triomphe, cette poitrine plus nue et plus crue qu'une orgie. Les victoires démultipliées du sport sont ainsi marquées au fer d'un esclavage bon enfant. On parcourt la France à vélo avec des maillots de toutes les couleurs, couverts de messages impérieux, au milieu des champs, des clochers, des distributeurs à saucisses, sous des hélicos tourbillonnants, sur des motos serpents venimeux qui s'entortillent autour des chevilles et des croupes. Tout ça à la portée de la main de tout honnête homme. Un peloton de culs trop fermes à la portée des indigents et des travailleurs pauvres, des gilets jaunes. Tu le vois arriver, le gros point commun à toute cette caravane : le jaune et ses glaçons. On a élu une banque à distribuer en papier peint jusqu'au sommet des crânes. Cynisme ? Oui, mais le résultat est là : la banque jaune paie adorable, un peu, beaucoup, pour que nos lunettes s'aimantent à la transpiration du Mont Ventoux, de l'Alpe d'Huez et de nos dérailleurs sénégalais invisibilisés.